October 29, 2017

Pour une nation innovante par John Reid, président, Alliance CATA


La mission de l’Alliance canadienne pour les technologies avancées (CATA) est de transformer le Canada en leader mondial de l’innovation. À cet égard, il est important d’évaluer en permanence notre performance internationale, or celle-ci laisse à désirer. La plupart des indicateurs placent le Canada au-dessous de la moyenne des pays de l’OCDE – en particulier en matière des investissements en R-D et de la disponibilité du capital. Pourtant, ce n’est pas faute de talent car le nombre d’articles scientifiques publiés par nos universitaires est impressionnant. Ce qui nous manque pour aller de l’avant est un objectif clairement énoncé. Voilà pourquoi il est important que le secteur privé, le secteur public et les institutions universitaires unissent leurs efforts pour travailler à améliorer la place du Canada.

C’est d’autant plus important que le modèle de production a changé. Pour réussir, une entreprise qui se lance doit bien saisir la nature de la chaîne d’approvisionnement. Le but n’est pas de mettre au point le produit miracle qui va propulser une « start-up » au sommet de l’industrie, mais d’évaluer la meilleure position où insérer sa technologie ou solution dans la chaîne d’approvisionnement. Cela requiert un état d’esprit tout à fait distinct de la culture qui prévalait au siècle dernier. Pour l’industrie électronique, cela signifie qu’il faut viser à devenir une composante beaucoup plus puissante à l’intérieur d’une chaîne d’approvisionnement qui, par définition, est globale. Faute d’avoir compris cette nécessité, le Canada se retrouve aujourd’hui avec un grave déficit commercial en électronique.

Les trois facteurs de la réussite

Pour redresser la situation, le Canada doit avoir une mission destinée à transformer l’électronique en secteur dominant. C’est ce que nous appelons à l’Alliance CATA le programme pour une nation innovante (Innovation Nation). Cela signifie qu’il faut étudier soigneusement comment devenir concurrentiel dans chacun des secteurs clés et il faut l’énoncer sous une forme politique. Comme l’on fait les Japonais, les Coréens et d’autres pays innovants, il faut une déclaration au plus haut niveau qui définisse l’objectif à atteindre. Une fois acquis cela, on peut commencer à travailler dans un cadre d’action bien défini.

Dans le secteur industriel, le succès obéit à trois facteurs clés :

  • Accès au capital;
  • Accès aux meilleurs talents;
  • Accès aux marchés.

La raison d’être de l’Alliance CATA est de développer des instruments macroéconomiques pour le développement des PME. Ainsi, nous avons lancé le recours massif au « crowdfunding » pour le financement des « start-ups » au Canada. Comme il faut avoir accès à un vaste bassin de population pour financer un projet, nous avons exercé du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour supprimer les obstacles législatifs qui freinaient les flux de capitaux américains à destination du Canada. Plusieurs « start-ups » en électronique figurent parmi les succès de ce mode de financement. Cette initiative vise à ce que l’entreprise dispose de suffisamment de capital à tous les niveaux pour appuyer le développement de nouveaux produits et services électroniques.

En ce qui concerne l’accès aux talents, le gouvernement a pris des initiatives comme le visa global ou si on préfère le réseau mondial de réception des demandes de visas. Cela permet de raccourcir le temps nécessaire pour faire venir au Canada des talents étrangers. Dans certains cas, cette possibilité est essentielle pour incorporer une expertise pointue dans une entreprise en croissance. C’était un enjeu majeur identifié par l’Alliance CATA et le gouvernement l’a mis en vigueur. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut parvenir à convaincre les jeunes canadiens de s’intéresser aux mathématiques et aux sciences. Comment créer une culture qui mette à profit tous nos talents? Un travail de promotion doit être effectué dès l’école secondaire pour valoriser ces matières et faire un lien pratique avec l’industrie.

Enfin, il faut avoir accès aux marchés et là nous sommes confrontés à une difficulté. Il ne semble pas que les dirigeants de l’Accord de libre-échange nord-américain(ALENA) se rendent compte des conséquences du risque qu’ils introduisent dans les négociations de renouvellement de cette entente. Chaque fois que l’on introduit du risque dans le marché, on freine l’expansion économique. Nous traversons une zone de turbulences majeures en matière d’accès aux marchés.

Le combat pour une entreprise durable

Nous devons réagir. Le gouvernement fédéral travaille sur la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires dans le cadre de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne et c’est bien ainsi. Mais il faut que les dirigeants du secteur privés fassent leur devoir et apprennent à se positionner dans la chaîne d’approvisionnement au niveau global. C’est une question d’éducation des dirigeants. Je crois que les universités – si on considère la Lazaridis School et autres écoles de gestion – commencent à comprendre le besoin de mieux former les dirigeants des « start-ups ».

À l’Alliance CATA, nous avons la conviction que les choses peuvent changer très vite si nous faisons les bonnes choses. Si nous créons les bons produits et services et réussissons à les intégrer dans la chaîne d’approvisionnement globale, nous pouvons créer une grande entreprise en peu de temps. Considérons l’exemple de Shopify qui a atteint une capitalisation de plusieurs milliards de dollars en une dizaine d’années. C’est du commerce en ligne et non pas de l’industrie électronique, mais c’est la preuve qu’une entreprise a toutes ses chances si elle satisfait aux trois critères du succès – argent, talents et marchés.

Cela ne garantit pas la pérennité de l’entreprise. Trop souvent les entreprises canadiennes connaissent des problèmes de croissance et sont acquises par des compagnies étrangères. Cela signifie que le gouvernement canadien, à commencer par le Premier ministre, devrait faire preuve de leadership et placer le développement d’entreprises innovantes domestiques en tête de ses priorités. L’Alliance CATA se bat pour faire triompher cette idée de nation innovante mais, dans ce domaine, je dois admettre que nous n’avons pas été entendus jusqu’à présent.

Le combat doit être mené sur tous les fronts : politique, bureaucratique et même entrepreneurial. Trop de dirigeants se contentent de développer leur entreprise jusqu’à un certain seuil à partir duquel ils veulent vendre et encaisser leur profit. Du coup, tous les crédits d’impôt ou autres incitatifs qui leur ont été concédés sont perdus. Nous devons cesser d’investir à perte dans de la valeur qui aboutit dans des mains étrangères.

Si nous établissons les bonnes conditions d’exploitation et que nous comprenions bien la gestion de la chaîne d’approvisionnement, nous arriverons à mettre au point dans le futur des produits de niche – certains ayant un fort potentiel de revenus – qui pourront participer pleinement au marché mondial. Il faudra bien sûr travailler avec des grandes entreprises multinationales et c’est tout le défi de la distribution. Le gouvernement peut appuyer cette dynamique en finançant la recherche universitaire, la recherche sur la chaîne d’approvisionnement, la formation des dirigeants, etc.

Je vois actuellement au Canada une floraison de « start-ups » dans tous les domaines de l’innovation en haute technologie, que ce soit l’intelligence artificielle, la robotique, les assistants médicaux et autres composants électroniques. Tout est interrelié et peut être mis à jour en ligne. Le marché des solutions pouvant être intégrées dans la chaîne d’approvisionnement globale n’a jamais été aussi vaste. C’est une occasion d’affaires pour toute l’innovation qui sort de nos universités et de nos laboratoires privés. Saurons-nous saisir l’occasion au vol et créer une industrie canadienne innovante et pérenne?


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